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 Les règlements de la Poste, assez tardifs (Code Justinien), codifient la liste des « animaux publics » : chevaux, mulets, ânes et boeufs, ces derniers réservés aux attelages. Les chevaux de poste (ueredi), montés par le courrier (ueredarius), comme les montures « nobles » des époques antérieures, sont de race espagnole. Le cheval de réquisition, le paraueredarius, est moins racé. Sous le Bas‑Empire, les relais fournissent à la fois animaux de monte et animaux de trait.

A partir d'une tradition équestre militaire, les montures de voyage se différencient selon les modes, et selon la classe sociale. Il faut distinguer la monture et les animaux de bât, chargés des bagages.

Les agronomes attachent une grande importance à la mule, qui tire le carpentum noble (la voiture couverte) et les véhicules publics, sans confondre les mules d'élevage avec le cheptel équin vulgaire, les bêtes de trait. Ils distinguent, pour le processus de la reproduction, le croisement du cheval et de l'ânesse, et celui de la jument et de l'âne, à cause de la différence de taille entre le mulus (âne et jument), plus grand, et le hinnus (issu de l'autre croisement), plus petit de corps'. Pline l'Ancien se préoccupe de la résistance physique en fonction de l'utilisation : le mulet est « un animal remarquable pour les efforts » ; le mulet « issu de la jument et de l'onagre dressé » est « rapide à la course, d'une résistance des pattes remarquable, mais de corps malingre et de caractère indomptable' ».

C'est à l'âne, bête de somme et monture, que sont dédiés les éloges des marchands et des voyageurs : facile à nourrir même dans les campagnes peu herbeuses, se contentant d'une maigre pâture de buissons, « très dur aux coups et à la pénurie [...] résistant à la fatigue et à la faim, rarement malade' ».

Le Digeste reconnaît comme animaux de voyage la mula et l'equs ‑ témoin certain incident d'auberge; le caballus est une haridelle qui tourne les meules'. Le choix de la monture tient souvent à la situation sociale et à la mode.

1. Columelle, Res rust., VI, 27‑37 et Varron, II, 8.

2. HN, VIII, 171.

3. Varron, III, 17 ; Columelle, VII, 1.

4. Digeste, IX, 1, 5 et Horace, Épîtres, I, 15.

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